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Un dysfonctionnement  ?

C’est un incident qui nuit au bon déroulement d’une situation en raison d’erreurs, malentendus, incompréhensions, absence de communication, méconnaissance… Il a des conséquences négatives plus ou moins importantes, mais dans le courant de la vie elles sont le plus souvent minimes.

Que ce soit en famille, dans le travail, ou dans n’importe quelle activité humaine, ce type d’évènements survient régulièrement. Habituellement ils engendrent des tensions, agacements, reproches, rancœurs entre humains, chacun accusant l’autre ou cherchant à minimiser sa responsabilité.

Opportun ou indésirable ?

Indésirable parce qu’il nous contrarie et met en lumière une responsabilité pas encore parfaitement assumée et nous n’aimons pas apparaître imparfait…

Opportun, parce qu’au lieu d’accumuler des tensions, on peut apprendre à s’en servir et au final renforcer les liens entre humains et dans les équipes comme nous allons le voir.

Entre la façon dont l’humain prévoit les choses qu’il voudrait harmonieuses et le déroulement réel, il y a quasiment toujours une différence, qui se manifeste par ces événements désagréables. Ils sont un miroir que renvoie le concret. Si on veut bien en prendre connaissance, en les acceptant sans culpabilité, ils indiquent l’endroit précis où nous pourrions mieux faire. On apprend beaucoup plus de ses erreurs que de ses réussites.

Ils permettent aux hommes et aux femmes d’apprendre à être de plus en plus habiles dans l’organisation, la prévision, la responsabilité, en y mettant de la fluidité, de la simplicité, du respect, de l’harmonie.

Comment utiliser ces événements ?

Les repérer

De toutes façons il ne manque pas de s’en produire régulièrement, alors autant apprendre à en profiter.  

Au centre de l’Aube chacun a pris l’habitude de faire dans la semaine la liste de tous les dysfonctionnements qu’il constate. Nous nous retrouvons régulièrement ensemble pour les traiter.

Pour chaque événement cité, un certain nombre de personnes sont concernées, soit parce qu’elles sont partie prenante, soit parce qu’elles sont impactées. Toutes sont invitées à participer au traitement de cet événement.

Quelle attitude ou disposition intérieure prendre ?

D’abord changer d’attitude. Au lieu de chercher un responsable, se demander pour soi-même, où a-t-on été un maillon plus ou moins impliqué dans la survenue de cet événement.

Souvent deux ou plusieurs personnes sont concernées.

Une première étape propose à chacune de dire ce qu’elle a perçu et comment elle a vécu l’événement. Cela lui fait prendre conscience de sa responsabilité, car il est rare qu’elle n’en ait pas une partie.

Cette étape permet aussi aux autres de comprendre que la personne qui a pris la parole n’avait pas de mauvaise volonté, ni l’envie de nuire, mais qu’elle vivait et réagissait selon son monde, selon sa perception personnelle.

Par exemple, bien que n’étant pas directement concernée, une personne prend conscience qu’elle avait vu venir un dysfonctionnement, mais qu’elle n’a rien dit ou rien fait.

Pourquoi n’a–t-elle pas partagé son inquiétude, alors qu’en disant les choses elle aurait pu avertir d’un risque et éviter cet événement indésirable ?

Il faut aller un peu plus loin…

Quelle façon de penser a permis ce comportement ?

Avec un peu d’habitude, en revenant sur l’instant où cette personne n’est pas intervenue pour avertir du danger, elle peut prendre conscience de la pensée qui a produit cette absence de réaction. Par exemple, l’idée que c’était inutile a pu la traverser, car elle pense que personne ne tient jamais compte de son avis. Alors pourquoi le donner ? Et elle s’est donc abstenue. On peut le comprendre !

Et encore plus loin…

Pourquoi se perçoit-elle et se comporte-t-elle comme une personne insignifiante que personne n’écoute ?

En allant encore plus profond elle peut prendre conscience que c’est la façon dont elle se percevait dans sa famille. Elle peut revoir des situations précises, où enfant elle s’est sentie humiliée, rabaissée. Son estime d’elle-même a été blessée au point qu’elle a fini par croire que son avis n’était pas pertinent. Alors elle ne dit plus, ou elle dit mal, ou elle dit en tension, car elle redoute toujours de se retrouver perçue comme insignifiante.

Qu’en est-il au final ?

Pour chacun et chacune utiliser ces incidents donne une meilleure connaissance de sa personnalité, mais également l’ouverture sur une autre façon de se comporter à l’avenir dans des situations analogues.

Cela offre aussi une meilleure connaissance de l’autre, une compréhension de ses comportements et de leurs origines dans les douleurs de l’enfant qu’il a été. Confier ses douleurs d’enfants crée de la compassion dans le cœur de ceux qui reçoivent cette confidence.

C’est créer de la tendresse les uns envers les autres, car devant des comportements inadéquats, au lieu de se croire victime de ce comportement, chacun aperçoit la douleur de l’autre et en connaît l’origine.

C’est donc un moyen précieux de produire de la réconciliation, d’assainir les relations, de créer de l’empathie les uns pour les autres, et de progresser dans la responsabilité.

L’incident qui allait produire de la rancœur est donc devenu opportun, puisqu’il produit de la compassion, de la tendresse les uns envers les autres.